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Equitation classique

référence: http://www.a-horseman.com/les-Techniques-Equestres.html

L'équitation classique consiste en un regroupement de trois principales disciplines équestres, pratiquées depuis des siècles dans les pays d'Europe. Elles sont mieux connues et davantage couvertes par les médias car elles sont présentées lors de la tenue des Jeux Olympiques. Elles attirent de très nombreux spectateurs dans le monde entier.

Définition

L'équitation classique consiste à être en harmonie avec son cheval, un cheval léger, aérien, puissant, et qui répond à la pensée de son cavalier.

En pratique, ça consiste à avoir un cheval en place, rassemblé et qui répond à des sollicitations qui ne se voient pas à l’oeil nu.

La position du cheval

Selon la discipline, la position souhaitée n’est pas la même mais certains points sont communs à toutes.

L’équilibre du cheval doit être en équilibre ou rassemblé pour le dressage.

Un cheval est dit « sur les épaules » si son poids du corps est principalement sur l’avant-main. La tête est basse et le cheval est entraîné par son poids.

Un cheval est dit « en équilibre » lorsqu’il ramène sa tête vers le haut, remonte sa nuque, plie son encolure, remonte son dos. Le poids est alors équitablement réparti entre l’avant et l’arrière-main.

Un cheval est dit « rassemblé » lorsque le point le plus haut est la nuque, que le chanfrein est à la verticale, que le poids du corps est sur les hanches et que les postérieurs s’engagent loin dessous la masse.

La position du cavalier

La position de « base » assise est la suivante :

  • regard horizontal qui va dans la direction du déplacement
  • épaules légèrement en arrière
  • dos droit
  • jambes au contact du cheval (mais sans presser)
  • pieds parallèles au cheval (et surtout pas en canard)
  • talons vers le bas
  • étriers mis au niveau des orteils (juste derrière)
  • bras le long du corps qui tombent naturellement
  • coudes pliés, permettant aux avant-bras d’être presque à l’horizontale
  • mains « pouces en haut », encadrant le cheval (séparés de 20-30 cm)
  • rênes tendues qui accompagnent les mouvements de la bouche
  • bassin qui accompagne le mouvement

D’autres positions existent :

  • en équilibre : le cavalier est au-dessus de la selle, le buste légèrement en avant, les chevilles et les genoux servant à amortir. C’est la position utilisée sur les parcours d’obstacle (sur le plat entre les obstacles)
  • enlevé : utilisée surtout pour le trot, le buste restant droit, le cavalier se soulève de sa selle une foulée sur deux

 

Les aides

Déjà, il faut savoir qu’en dressage, l’usage de la voix est interdite. On utilise le regard (pour indiquer la direction), le poids du corps, les rênes (par les mains), les jambes, l’assiette (bassin qui accompagne ou pas).

Il existe deux effets de rêne :

  • la rêne d’ouverture : la main se tourne, pour mettre les ongles vers le ciel, l’avant-bras s’écarte alors du corps (mais le bras lui, reste le long du corps). Le bout du nez du cheval va alors suivre la main, suivi du cheval ensuite.
  • la rêne d’appui : la main se rapproche de l’encolure, ongles vers le haut aussi et « pousse » le cheval. Par exemple, avec une rêne d’appui droite, le bout du nez du cheval va à droite, mais le cheval va à gauche.
  • Les aides dites artificielles : cravache (qui s’utilise derrière la jambe pour l’impulsion ou sur la croupe en cas de bêtise), stick (une grande cravache utilisée en dressage car elle permet d’agir sans bouger les mains), éperons (pour indiquer un endroit précis, s’utilise par frottement bref et pas par coups ou pression continue).

Les aides des figures de base

Bon, ce sont les aides « idéales » mais il faut un cheval bien dressé pour que ça marche comme dans la théorie

S’arrêter

  • mains au contact, doigts qui se ferment sur les rênes
  • jambes au contact (pour un arrêt carré)
  • bassin qui se bloque
  • épaules légèrement reculées

Transition ascendante (arrêt->pas ou pas->trot)

  • pression des mollets
  • ouverture des doigts sur les rênes

Transition descendante

  • fermeture des doigts
  • blocage du bassin

Départ au galop par prise d’équilibre

  • jambe intérieure à la sangle (celle à l’intérieur du manège)
  • jambe extérieure reculée
  • poids du corps vers l’extérieur
  • légère rêne d’appui intérieure
  • doigts qui s’ouvrent (le but est de mettre le cheval dans l’équilibre qu’il a au galop, et très vite, reculer la jambe suffit à obtenir le départ au galop)

Reculer (depuis l’arrêt)

  • mains au contact
  • jambes au contact (les jambes servent à demander un mouvement, les mains fermées devant indiquent qu’il faut aller vers l’arrière)

Déplacer les hanches

  • jambe isolée (jambe reculée du côté où on veut pousser donc à droite pour aller à gauche, et qui agit par pression-arrêt-pression-arrêt....)
  • poids du corps du côté du déplacement
  • regard du côté du déplacement
  • légère rêne d’ouverture ou d’appui en fonction de l’incurvation souhaitée (dans le sens du déplacement ou au contraire du déplacement)

Incurvation

  • jambe intérieure à la sangle qui sert de point d’appui, sorte de « pivot », qui sert à maintenir l’impulsion
  • jambe extérieure reculée qui retient les hanches pour qu’elles ne dérapent pas
  • rêne d’ouverture
  • le regard est en avance sur le cercle

La rêne sert à rétrécir le cercle alors que la jambe intérieure sert à l’agrandir. La main extérieure sert à ralentir l’allure et les jambes servent aussi à maintenir l’impulsion.

Les différentes figures

Les cercles et les voltes

Le cheval est incurvé sur un cercle. Si le diamètre est faible (< 15m), on parle de volte, sinon on parle de cercle. Le cercle doit être parfait, le cheval incurvé sur sa courbe mais il ne doit pas se pencher.

Doubler

1/2 volte et 1/2 volte renversée

1/2 volte :

1/2 volte renversée :

Serpentine

Elle peut comporter un nombre différent de boucles. On part du milieu du petit côté, puis on enchaîne les 1/2 voltes et les lignes droites jusqu’à arriver au petit côté opposé tout en traçant une forme de S dans le manège.

Hanches en dedans

Il s’agit, sur une courbe ou une ligne droite, de mettre les postérieurs du cheval vers l’intérieur de la figure. L’angle entre le tracé et le cheval doit être d’environ 30°. On dit alors que le cheval marche sur « trois » pistes : au sol, à la place d’avoir 2 pistes (une pour le côté droit et une pour le côté gauche), on voit 3 pistes : une pour un antérieur, une pour l’autre antérieur et le postérieur opposé, et une pour le dernier postérieur.

Epaules en dedans

Même chose, mais avec les épaules à l’intérieur à la place des hanches

Déplacements latéraux

Le cheval se déplace sur le côté et vers l’avant, les antérieurs et les postérieurs se croisant. Le cheval regarde dans la direction opposée au mouvement (rêne d’appui)

Appuyer

Une des figures les plus difficiles à bien réaliser. Le cheval se déplace latéralement, mais en étant incurvé dans le sens du déplacement (contrairement aux déplacements latéraux) grâce à une rêne d’ouverture

Les effets de rênes

En équitation classique on parle souvent des 5 effets de rênes, mais de quoi s’agit-il exactement ? Il s’agit en fait de 5 actions différentes possibles sur les rênes qui vont amener 5 réponses différentes.

Il faut aussi avoir en tête quelques définitions :

  • une rêne « directe » induit un déplacement du coté ou elle se trouve (rêne droite pour aller à droite) et « contraire » lorsqu’elle permet de se déplacer de l’autre coté (rêne droite pour aller à gauche)
  • une rêne d’opposition s’oppose au mouvement en avant
  • la main ne doit JAMAIS dépasser l’axe du cheval (la main droite reste à droite du cheval), cependant elle peut plus ou moins s’écarter de la ligne médiane
  • la main peut se trouver en avant du garrot ou en arrière de celui-ci pour mobiliser des parties différentes du cheval

Ces effets de rênes ne sont pas les seuls existants ou possibles. En effet, on pourrait y rajouter la rêne régulatrice, qui a beaucoup d’utilité et la rêne d’encolure lorsque l’on est rênes longues (et elle ne rentre donc pas dans l’équitation classique, qui prône une monte avec un contact franc et constant avec la bouche du cheval).

La main opposée (la rêne régulatrice) aura un effet différent et une utilisation différente en fonction de l’effet recherché. C’est pourquoi on ne peut pas mettre la rêne régulatrice comme effet de rêne, il s’agit plutôt d’un prolongement des autres effets.

Enfin aucun effet ne peut être obtenu sans l’utilisation des autres aides (jambes, assiette) pour préciser, corriger ou accentuer un mouvement.

Voici les 5 effets de rênes et leur effet schématique :

  • la rêne directe permet de faire des courbes, les postérieurs restant dans la trace des antérieurs
  • la rêne directe d’opposition permet de déplacer les hanches
  • la rêne contraire (ou d’appui) permet de déplacer les épaules
  • la rêne contraire d’opposition en avant du garrot permet de déplacer les épaules dans un sens et les hanches de l’autre (le cheval tourne « sur place »)
  • la rêne contraire d’opposition en arrière du garrot permet de déplacer épaules et hanches du même coté (mouvement latéral)

La rêne directe (ou rêne d’ouverture)

Comme son nom l’indique, il s’agit d’aller à droite avec la rêne droite et inversement. C’est le premier effet de rêne enseigné (et le seul jusqu’au galop 4/5).

Pour cela la main doit s’écarter de l’encolure, sans tirer (c’est-à-dire qu’elle doit faire un arc de cercle autour de la bouche, ce qui revient en pratique à avancer la main pendant la demande). Les ongles viennent sur le dessus (le poignet se tourne) et l’avant-bras tourne, le bras restant vers le corps.

Le bout du nez est donc entraîné du coté de la rêne puis suivi par le reste du corps du cheval.

Vitesse, impulsion, amplitude et cadence

En dressage, on parle souvent de différents termes pour les allures : varier la vitesse, l’amplitude, maintenir la cadence ou encore maintenir l’impulsion. Mais que se cache-t-il derrière ces termes ?

La vitesse

La définition est : « Rapport d’une distance au temps mis pour le parcourir. »

Il s’agit en effet de la même mesure que pour une voiture : on divise la distance parcourue par le temps mis pour le parcourir. Augmenter la vitesse veut donc dire aller plus vite, sans préciser de caractéristiques sur la façon de le faire.

Il est possible de modifier la vitesse sans modifier un ou plusieurs des autres termes. Aller plus vite permet juste de gagner du temps sur un parcours de CSO ou de cross, entre les obstacles.

Attention : augmenter la vitesse a souvent tendance à déséquilibrer le cheval et à le mettre sur les épaules.

L’impulsion

L’impulsion est définie comme « la volonté de se porter en avant ».

L’impulsion indique donc l’envie du cheval d’avancer, et d’engager ses postérieurs sous la masse. Un cheval qui a beaucoup d’impulsion va devenir plus léger devant, répondre plus rapidement aux demandes, va avoir plus de facilités pour les mouvements latéraux en dressage ou pour sauter à l’obstacle.

Un cheval qui a de l’impulsion est donc plus agréable à monter. De plus, l’impulsion est nécessaire pour la mise en main du cheval.

Les courbes prennent en général sur l’impulsion, il faut donc gérer entre l’envie du cheval d’aller vers l’avant et le mouvement souhaité.

Attention donc de ne pas confondre vitesse et impulsion ! On peut avoir plus d’impulsion en allant moins vite (et c’est généralement le cas d’ailleurs).

L’amplitude

L’amplitude d’une allure est définie comme la distance parcourue par une foulée.

Augmenter l’amplitude signifie donc couvrir plus de terrain à chaque foulée. Là encore augmenter l’amplitude d’une allure (pour obtenir une allure « allongée ») ne signifie pas aller plus vite !

Attention par contre, l’amplitude a tendance à déséquilibrer le cheval qui perd alors en impulsion.

La cadence

Comme pour une mélodie, chaque allure du cheval possède plusieurs temps. La cadence mesure la régularité des allures, que ce soit dans une foulée ou entre les foulées.

Modifier la cadence signifie donc faire plus de foulées ou moins de foulées dans un temps donné, sans indiquer la longueur des foulées ou leur vitesse.

Il y a cependant un lien fort entre vitesse, amplitude et cadence que l’on pourrait résumer par : vitesse = cadence * amplitude

Ainsi l’augmentation de la cadence en conservant l’amplitude ou l’augmentation de l’amplitude en conservant la cadence va impliquer l’augmentation de la vitesse. L’inverse n’est par contre pas vrai : l’augmentation de la vitesse peut se traduire par une augmentation de la cadence et/ou de l’amplitude.

Avoir une cadence régulière permet au cheval de bien s’équilibrer et de rebondir dans ses allures ce qui lui permet de mieux engager (favoriser l’impulsion) et donc de mieux répondre aux demandes du cavalier.

Les techniques équestres

On entend souvent parler de différentes techniques d’équitation, l’équitation à la française, l’équitation à l’allemande… etc, il faut savoir que de nos jours il y a une petite rivalité entre la monte « à la française » et la monte « à l’allemande ». En France, l’équitation reste très traditionnelle, on peut parler d’équitation bauchériste, mais qu’est-ce que l’équitation bauchériste ?

L’équitation bauchériste fait son apparition au XIXe siècle avec l’arrivée de François Baucher. Après avoir été élève du maître Frederico Mazzuchelli qui lui enseigna ses bases : « annihiler toute volonté chez le cheval et la remplacer par celle du cavalier », il arrive en France et prend la direction de deux manèges au Havre et à Rouen. Puis un jour, en montant un cheval lourd à la main, il décida d’opposer une tension de rêne égale à la force que mettait l’animal à lui résister, d’ici on pourrait parler de ramener, car on ne décontracte pas pour faire céder, mais on émet une pression jusqu’à ce que le cheval lâche dans la nuque. En 1855 il est victime d’un accident alors qu’il travaillait un cheval à pied, il ne pourra plus monter et met en place une formule : « main sans jambes, jambes sans main ». Il suffit aussi de voir quelques illustrations, et vous verrez un cavalier agissant sur le mors de bride, laissant les rênes de filet pendantes.

Bien sur notre équitation a quand-même évolué depuis….

Dans les deux écoles nous recherchons la légèreté, en France, nous aurons plus tendance à vouloir un cheval léger avec des rênes détendues, en Allemagne, ils auront un cheval léger mais avec des rênes tendues. En France nous sommes encore sur la formule de Baucher « main sans jambes, jambes sans main » (en tous cas c’est ce que j’entends beaucoup autour de moi), en Allemagne, main sans jambes ou jambes sans main ça ne fonctionne pas. La méthode change aussi sur les façons de demander un mouvement, par exemple pour l’incurvation ! C’est bête une incurvation ! Mais la façon n’est pas la même… entre rêne d’ouverture ou pas, rêne extérieure ou pas, poids du corps à l’intérieur ou à l’extérieur, ce n’est pas la même chose.

Encore une chose, en France nous allons plutôt chercher à avoir un cheval placé vers le haut, voire lui demander des exercices avec un port d’encolure assez haut, ouvert ou non, pour qu’il se soutienne de lui-même, en Allemagne, ils vont chercher à descendre le cheval pour le tendre et ensuite le mettre en position « présentation », avec un soucis de tendre le cheval, qu’il ne soit pas ouvert, autrement c’est qu’il n’est plus dans son dos.

Mais il ne faut pas oublier qu’une technique n’est ni toute blanche, ni toute noire, le mieux c’est d’essayer et de prendre ce qui nous convient dans chaque technique, il ne faut pas se bloquer et avoir une certaine ouverture d’esprit, savoir remettre en question sa propre méthode. Certes vous aurez peut-être une prédominance allemande, ou une prédominance française, mais le mieux est de créer sa propre façon de faire, celle qui vous convient le mieux et surtout celle qui convient le mieux aux chevaux que vous montez.

Et n’oublions pas non plus que chaque pays a sa tradition, donc ses fondements et ses techniques. Il faut savoir les respecter et ne pas critiquer sans savoir, malheureusement c’est ce qui arrive le plus souvent.

Il y a aussi à l’obstacle ; en France nous aurons plus une école « tu restes en suspension entre tes obstacles, et tu t’assois à l’abord », alors qu’aux Etats-Unis et en Italie ça va changer, l’un va préférer rester en suspension pendant tout le parcours et l’autre sera assis… par contre je ne sais plus lequel fait quoi…..